Qu’y a-t-il de commun entre le propriétaire d’une petite entreprise de services, le président d’une PME industrielle, le dirigeant d’un grand groupe du CAC40, ou encore le consultant qui a créé sa propre structure individuelle ? Bien peu à première vue. Les tâches qui occupent leurs journées ne sont pas les mêmes, ils évoluent dans des cercles différents ; leurs entreprises n’ont pas les mêmes rôles dans l’économie et la société. Sans parler de leur rémunération, de leur mode de vie, peut-être de leur motivation dans l’existence.
Pourtant, ils sont tous également « chefs d’entreprises ». Qu’est-ce qui justifie cette identité ?
Il y a d’abord, bien sûr, ce point commun entre les structures qu’ils dirigent : ce sont des entreprises, et leur finalité dans la société est de créer de la valeur ajoutée par la transformation de matières et de compétences. Cette richesse est ensuite redistribuée par le salaire, l’impôt, le dividende.
Le chef d’entreprise est donc un transformateur, un créateur. Son métier l’amène en permanence à faire des paris sur l’avenir – un avenir qu’il contribue, par son action, à façonner. C’est ce qui rend son activité aussi fascinante, et sa compétence aussi cruciale aujourd’hui. Une économie mondialisée, c’est une économie où les interactions se multiplient et s’accélèrent, et où l’incertitude augmente. Le chef d’entreprise est au quotidien le gestionnaire de cette incertitude. Son rôle est donc plus que jamais essentiel.
Les décisions que prennent les dirigeants d’entreprises ont un objectif commun : agir sur leur environnement. Leur métier consiste à déceler dans la société des demandes non remplies, et à y apporter des réponses à des prix compatibles avec le marché.
En conséquence, ils se retrouvent au carrefour des contraintes et des demandes de multiples acteurs : le consommateur qui demande qualité, moindre prix, sécurité ; le salarié qui souhaite promotion, motivation, conditions de travail ; l’actionnaire qui attend rentabilité, stratégie, visibilité ; l’environnement politique et social qui exige emplois, richesses, réduction de la pollution… C’est ce nœud de forces souvent contraires que le dirigeant doit mettre en cohérence, pour en tirer un bénéfice qui soit optimal pour tous. Il ne le fait pas par philanthropie : c’est son métier, et son expertise. Cette expertise est plus que jamais nécessaire aujourd’hui. C’est ce qui rend la vocation de chef d’entreprise à la fois aussi difficile et aussi passionnante.
L’accroissement du rôle du chef d’entreprise dans la société se traduit par le fait que, dans tous ces domaines, sa responsabilité apparaît de plus en plus engagée, notamment d’un point de vue légal. Santé des salariés, propreté de l’environnement, pérennité des emplois, développement des compétences… A des degrés divers, et suivant des règles diverses, le dirigeant devient comptable dans tous ces domaines.
Il paraît donc légitime qu’on l’aide dans la conduite de ce métier si difficile. En l’accompagnant, en l’estimant. La France gagnera avec ses entrepreneurs, et le développement de l’esprit entrepreneurial est la vraie solution aux problèmes de nos sociétés. C’est un message que nous souhaiterions voir adopté par tous les candidats à l’élection présidentielle.






Monsieur,
Merci pour votre texte de grande qualité, vous avez montré les multiples facettes de l'entrepreneur.
Pourquoi posez-vous la question ?
Pourquoi parlez-vous des contraintes comme un infini chapelets de douleurs ?
Pourquoi attendre des autres et ne pas être le leader par des propositions ?
Une entreprise, de la plus petite à la multinationale doit avoir un management adapté qui prend en compte les contraintes et les obligations.
Elle doit être du type pyramidal qui permet à chacun d'avoir une tache bien définie et la responsabilité en conséquence.
Avec un système de contrôle qui permet d'optimiser les liens.
S'il y a friction, que ce soit sur un marché ou dans le fonctionnement interne c'est à l'entrepreneur ou la responsabilité en charge de trouver des solutions ou des artifices.
Aujourd'hui l'entrepreneur a beaucoup de responsabilités, s'il sait déléguer, confier, partager les tâches, s'il comprend la signification du mot "management" il peut rendre le fonctionnement de l'entreprise plus harmonieux.
Les questions à l'Etat, c'est l'occasion de proposer et de prendre une attitude créative et constructive.
Une entreprise, c'est comme un bateau, tout doit fonctionner même si le Président Directeur a une attaque.
Un grand manager, c'est un artiste, il n'a pas peur de prendre des options, faire des choix, les peser, il vit et c'est lui qui donne l'impulsion, l'énergie à l'entreprise.
Et s'il a été un grand manager, celui qui viendra après n'aura aucune difficulté à s'intégrer et à continuer à entreprendre.
Le problème des entreprises en France, c'est la frilosité, le manque d'intérêt, le manque de vision....
L'important est dans l'architecture de l'entreprise et comment decidons-nous à la manager dans une nouvelle éthique de progrès.
Bien cordialement,
Jany Guiot
Rédigé par: jany guiot | 03 avril 2007 à 12:08
Mesdames, Messieurs,
J'ai vu hier 5 Avril sur France 2 l'interview de Laurence Parisot. Vous parlez de croissance et de pouvoir d'achat, en faisant, à mon avis un amalgame.
Pouvoir d'achat: je crois que presque tout le monde, en France, en bénéficie.
Croissance: ce n'est pas en achetant en Chine que l'on crée de la croissance.
Merci de vos commentaires.
Sincères salutations.
Marc BANDIN
Rédigé par: Marc Bandin | 06 avril 2007 à 17:44
@Marc
Je ne vois pas bien où vous voulez en venir. En fait, c'est bien pour cela que le MEDEF propose une politique économique basée sur l'offre, car les mesures en faveur de la demande conduisent plus à un accroissement des importations qu'à une stimulation de la croissance.
Rédigé par: fredche92 | 06 avril 2007 à 22:14
@Jany Guiot:
Oui, à ceci près que le "type pyramidal" n'est plus nécessairement le modèle de référence en matière de management... L'efficacité de nos organisations repose de plus en plus sur la multiplicité des lieux de décision, afin que celle-ci soit prise au plus près du problème traité; c'est l'un des sens, d'ailleurs, de l'externalisation croissante des fonctions de l'entreprise. Edmund Phelps voit à juste titre dans l'insuffisance du goût de la décision et de la responsabilité dans notre culture l'un des handicaps des économies continentales: c'est que notre croissance dépend désormais de notre capacité à générer de nombreux profils de collaborateurs autonomes et décisionnaires dans leur partie.
@Marc Bandin: en achetant en Chine, on crée bien de la croissance, puisque l'on réduit les coûts de production, et qu'on accroît de ce fait la valeur ajoutée; d'où l'importance de développer, à la place des activités que les Chinois savent faire à moindre coût que nous, des activités dans lesquelles nous sommes meilleurs. Et pour cela, il faut plus de R&D (en vue de l'innovation) et plus de formation (initiale et tout au long de la vie, pour reconvertir les compétences).
Rédigé par: BS - Medef5962 | 10 avril 2007 à 16:46
BS-Medef5962 Merci pour votre commentaire, mais cela prouve que vous n'avez pas lu mon commentaire guidé par un apriori qui vous a coupé du dialogue.
La gestion pyramidale englobe sans problème tous les lieux de choix et de responsabilisation délocalisée, il n'y a là aucun problème puisque c'est la procédure générale de contrôle QA/QC qui permet de voir si tous les liens sont optimisés ou non.
Le tout doit rester dans une architecture globale pour justement consolider la dynamique économique de l'entreprise.
La décentralisation sans contrôle est une ineptie et ringarde.
Si nous prenons la société Alstom comme exemple, il est démontré que dans le passé beaucoup de ses centres d'activités décentralisés dans le monde n'ont pas eu les résultats escomptés.
La raison vient surtout de la politique industrielle ménée par chaque filiale.
Le management pyramidal admet la décentralisation dans une même structure de progrès avec un contrôle d'optimisation et d'information.
Le type de management pyramidal n'a jamais dit que le pôle décisionnaire était en haut de la pyramide....
Le haut de la pyramide permet de redonner un influx dans une grande politique générale, celle doit être détaillée dans les sous-structures, les divisions.
Aujourd'hui, et je le dis pas pour vous Monsieur ou Madame, il y a un réel manque de culture du management, la raison vient que l'on met en poste des gens qui n'ont qu'une vue théorique du management.
Le management nécessite une grande connaissance de la théorie, mais aussi de l'outil de production et des flux amont/aval.
L'optimisation des échanges au sein de l'entreprise doit se faire par le QA/QC mais surtout et aussi par le système de management général dans les meetings.
Bien cordialement
Jany Guiot
Rédigé par: jany guiot | 11 avril 2007 à 13:11
@Jany Guiot: notre désaccord repose sur un malentendu de vocabulaire, je n'ai rien à ajouter à votre message.
Rédigé par: BS - Medef5962 | 19 avril 2007 à 11:53
Il est curieux de voir qu'en France autant de responsabilités puissent peser sur le chef d'entreprise, ce qui explique peut-être justement l'incapacité des TPE à grandir. Je me trompe peut-être, mais il me semble qu'un des handicaps français est un problème de leadership au sein des entreprises. Trop d'entrepreneurs restent seuls maître à bord : ils sont seuls, mal conseillés, désavoués, mésestimés souvent. Aux E.U. (référence en la matière), le créateur (l'imaginatif) est souvent adossé à un véritable manager, capable de gérer l'entreprise et d'épauler le créateur dans son métier.
Rédigé par: Philibert Pomerolles | 27 mai 2007 à 08:42
J'aimerais ajouter la notion d'Entreprise à Responsabilité Sociale ("Social Entrepreneurship" en Anglais); plusieurs événements "Rencontres entre Entrepreneurs" sont organisés à Paris le 28 et 29 Juin, il reste une quinzaine de places disponibles, je vous invite à vous inscrire sans plus tarder si ce sujet vous intéresse:
http://tinyurl.com/259mxs
Avec mes cordiales salutations,
Christophe Poizat
Country Manager, XL France
Rédigé par: Christophe Poizat | 17 juin 2007 à 18:53