La dernière comédie de Lars von Trier nous emmène dans le quotidien d’une entreprise d’informatique danoise. Depuis qu’il a créé cette société, le fondateur n’a jamais osé dire à ses employés qui il était vraiment, s’étant toujours fait passer pour le bras droit d’un directeur qui habiterait aux Etats-Unis, et qui n’aurait pas le temps de s’occuper de sa société. Pendant plusieurs années, il a donc dirigé cette société d’informatique en se cachant derrière un directeur fantôme pour prendre des décisions parfois impopulaires.
Depuis quelques temps, il s’est résolu à vendre son entreprise, et vient de trouver un acheteur islandais. Mais ce dernier n’accepte de négocier qu’avec le directeur imaginaire vivant aux Etats-Unis. Bien embêté, le créateur de la société décide alors de faire appel à un acteur au chômage pour qu’il joue le rôle de ce directeur exilé en Amérique. L’acteur, un peu déjanté, doit alors non seulement négocier la vente de la société, mais également affronter tous les salariés qui découvrent le sort qui leur est réservé (ils seront tous licenciés). Ces salariés profitent surtout de sa présence pour lui demander des comptes sur certaines décisions prises ces dernières années, qui ont suscité la plus grande incompréhension.
Lars von Trier amène le spectateur à s’interroger sur les relations sociales au sein de l’entreprise. La hiérarchie y est fondamentale, et les tensions entre salariés ou avec les supérieurs ne manquent pas. L’entreprise c’est aussi des individualités qui vivent ensemble, au sein d’un même groupe, chacun portant en lui son histoire personnelle, son fardeau. Tous s’efforcent de mettre de côté leurs états d’âme pour s’investir dans leur travail, même si leurs sentiments finissent toujours par rejaillir à un moment ou à un autre. Le rôle d’un entrepreneur, est d’organiser la coexistence des salariés de la manière la plus optimale qui soit. La morale de Lars Von Trier : quelles qu’aient été les erreurs commises par le chef d’entreprise, ses salariés l’apprécieront toujours du moment qu’il fait preuve d’honnêteté, d’empathie et de justice.
A l’heure où l’on parle d’importer le fameux modèle danois de « flexisécurité », il est amusant pour un spectateur français de voir comment s’organisent les relations professionnelles dans les entreprises scandinaves. Force est de constater qu’au-delà du modèle économique, il s’agit d’une organisation de l’entreprise et des relations sociales qui est entièrement différente de la nôtre ; culturellement différente. Il est amusant de voir à quel point le compromis, fruit d’un dialogue réaliste entre l’employeur et ses salariés, constitue le noyau dur du fonctionnement de l’entreprise. Tout au long du film, les différences culturelles sont extrêmement frappantes. Les relations au sein de l’entreprise, du reste comme celles de l’ensemble de la société, sont contractualisées à l’extrême. On peut tout mettre dans un contrat, et tout peut faire office de contrat, même quelques mots griffonnés sur le coin d’une table !






Tiens ça a l'air intéressant. J'irai voir ce film s'il est au cinéma. Avez-vous des références ou des addresses ?
Merci !
Rédigé par: Laurent Valdes | 10 avril 2007 à 14:17