* PDG d'IDRH
" il y a de sales périodes. Pour les dindes, c'est à Noël, pour les agneaux c'est à Pâques, et pour les chefs d'entreprise ce sont les élections présidentielles.
Cette période où devraient se croiser des perspectives hardies, des innovations constructives, des stratégies d'avant-garde se traduit, surtout, en économie par un dictionnaire des idées reçues.
Tout y passe : "BOUVARD ET PECUCHET" se lancent, quelque soit leur parti, dans des promesses sociales, ma foi fort sympathiques mais aussi dans une approximation économique, hélas, moins réjouissante .
Donnons quelques exemples, l'actualité n'en manque pas :
1/ Une entreprise qui fait des bénéfices est suspecte, une entreprise qui fait de gros bénéfices est énormément suspecte. Une entreprise a comme objectif de créer des emplois, personne ne le nie mais elle doit s'en tenir là, faire de grosses pertes est aussi une erreur (heureusement) et si on lit bien l' opinion des politiques, il y a une médiocrité autour de zéro qui doit être la cible de tout chef d'entreprise patriote.
Je sais que les cours d'économie n'ont pas la cote mais, tout de même, apprenons à nos hommes politiques à glorifier les réussites, et une réussite qu'on le veuille ou non , ce sont des bénéfices et les plus gros possibles.
La mise au pilori récente de "Total" montre bien l'extrême confusion entretenue dans l'esprit du public sur ce qui est vraiment utile à la société.
Rappelons tout de même que l'entreprise de France a de gros problèmes de compétitivité, qu'elle perd des parts de marché et que sa croissance n' a été que de 2% en 2006 contre 2,7% pour l'ensemble de la communauté.
2/ Le salaire des patrons, là encore les politiques, la presse, l'opinion s'appuient sur quelques exemples dérisoires à force d'être scandaleux.
On stigmatise la rétribution juste, j'allais écrire l'ordre juste !
Il y a un marché mondial des salaires des grands patrons comme des grands footballeurs, il y a un marché national des patrons comme il y a un marché national des footballeurs et il y a un marché local des petits patrons comme des petits footballeurs.
Dans cette période où l'écho des promesses électorales ravage tout, il serait temps, peut -être, d'éviter de confondre la grande masse de patrons avec leur grandeur en lisant les programmes politiques, leurs problèmes, leurs idées, leur vie quotidienne et quelques joyeuses particularités tout juste bonnes pour la presse "people".
Je terminerai par "deux douceurs" qui m'enchantent,en ce moment :
1/ il faut fermer nos frontières car les délocalisations, c'est mal, il faut fermer nos frontières pour garder nos emplois. Affirmation extraordinaire plus destructrice qu'il n'y paraît et qui donne à la France une image passéiste, frileuse, et réactionnaire.
2/ mais le plus extraordinaire de tout est tout de même un commentaire récemment entendu sur les 35 heures, qui deviennent dans certains programmes politiques un aboutissement social permettant un épanouissement profond de l'homme dans son temps libre. Et celui là, c'est "le pompon" !.
Bien sûr que j'exagère !
Bien sûr l' élection présidentielle n'est pas faite pour satisfaire les patrons, et surtout le petit patron de PME que je suis .
Bien sûr l'élection présidentielle, c'est le temps de l'illusion lyrique des grands messages mais n'allons pas trop loin dans l'irrationnel , dans la contre-vérité, voire dans la bêtise, nous le paierons tous très cher".






Je viens d'entendre le président de TOTAL se plaindre de ce que les français critiquent les entreprises qui font des bénéfices. Je ne crois pas que ce soit de cela que les français se plaignent. Ils se plaignent plutôt de ce que les bénéfices sont distribués en grande partie aux actionnaires et aux dirigeants. On dit quelquefois que l'impôt tue l'impôt mais je suis sûre pour ma part que la richesse tue la richesse. Comme tout le monde vous savez que les dirigeants des grandes entreprises sont de plus en plus riches tandis que leurs salariés sont de plus en plus pauvres et que même ceux qui travaillent normalement ne peuvent plus se loger et dorment dehors tandis que d'autres dorment sur des matelas de billets si j'ose dire. Et on ne pas dire qu'ils ne travaillent pas assez. Personnellement bien qu'ayant travaillé depuis mon enfance je vis dans un petit deux pièces avec une retraite de 900 euros et je me considère comme privilégiée par rapport à ceux qui travaillent dur et qui ne peuvent pas se payer d'appartement du tout. Il est obligé que cela explose un jour et tout le monde sera entraîné dans le gouffre à commencer par les puissants comme cela s'est passé dans d'autres périodes.
Encore une fois, je ne suis pas révolutionnaire du tout, je voterais même probablement pour la droite comme je l'ai toujours fait. La charité chrétienne me fait obligation de vous faire part de ce que plus en plus de personnes comme moi ressentent à la vue de l'étalage de richesses incommensurables et en même temps de la misère la plus noire.Avec la télévision aujourd'hui plus rien n'est caché ce qui augmente encore la frustration... Pour mois c'est une question de vie ou de mort que de réfléchir à cela. Ou bien on partage un tout petit peu ou on est tous fichus.
Sincères salutations.
Rédigé par: I. Roux | 21 février 2007 à 12:21